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Mes textes, mes poèmes, mon autre moi... Si vous voulez utiliser un de mes textes, demandez le moi :)

05 mars 2009

Les étudiants me font perdre des sous!

Depuis peu j’ai été « obligée » d’accepter un travail à mi-temps.

Je suis magasinier (le féminin n’existe apparemment pas) à la bibliothèque où je fais mon tutorat.

Je travaille donc 17h30 de plus par semaine, soit un total de 21h30.

Ce boulot est mal payé, le minimum, mais à défaut de trouver un job de juriste (et pourtant je cherche !), il fallait bien que j’occupe mes journées et que je remplisse un peu mon compte en banque.

Bref, mon travail consiste à orienter les gens dans la bibliothèque – pompeusement ça s’appelle du « renseignement bibliographique » ; en réalité il s’agit de dire aux gens « c’est là », « c’est à l’étage, suivez le fléchage vert/rouge ou jaune ».

Pas passionnant. Au moins pendant ces heures là je peux me cultiver. Je bouquine énormément.

Mardi dernier, j’arrive à la fac à 8h55 environ.

Pas d’accès aux ascenseurs. Les étudiants bloquent l’accès. En leur disant qu’on bosse à la bibliothèque ils nous laissent passer.

9h : début de mon « service ». Pas d’étudiants puisque blocage en bas. Que vais-je bien pouvoir faire ?

Et oui, s’il n’y a pas d’étudiants, je n’ai rien à faire. Contrairement au reste du personnels de la bibliothèque qui en plus du « service public » (ce que je fais), a une autre fonction, moi je ne fais que du « service public ».

Je suis habituée à travailler alors que la fréquention de mon lieu de travail avoisine le zéro.

En bureau de Poste, pendant le mois d’août c’est très très calme. Alors j’ai l’habitude de chercher un truc à faire. Archiver, refaire les stocks, ranger, me rendre utile tout bêtement.

Du coup, je suis allée voir la personne que je soupçonne être ma supérieure pour lui demander ce que je peux faire : « rien », me dit elle.

Super : 4h encore plus longues que d’habitude ; mais pas le choix. Obligée d’être là sinon pas de paie !

Finalement une très gentille dame m’a demandé d’aider une collègue – tiens au passage, elle s’appelle Adeline, ça me fait bizarre de travailler avec quelqu’un qui a le même prénom que moi ! – à faire du refoulage. En gros décaler les livres pour gagner un peu de place.

Ca m’a occupée.

Ce jour là, j’ai fini à midi, la bibliothèque n’avait toujours pas ouvert.

Aujourd’hui j’arrive à 13h45. Même chose. Blocage, pas d’étudiants. A 14h10 on nous informe que les étudiants vont pouvoir entrer. Pour des raisons que je n’ai pas comprises, la bibliotheque n’a ouvert qu’à 15h, et le personnel – dont on m’a exclue soit disant parce qu’il fallait quelqu’un pour expliquer que le lieu ouvrait à 15h, ce qu’indiquait le panneau devant la porte ! – en a profité pour faire une réunion.

A 15h : pas un chat dans la salle dans laquelle je suis! Jusqu’à 16h : personne, sinon un pompier.

16h, je change de salle. Quasiment personne.

Le temps rallongeait, personne n’avait besoin d’aide. Un cauchemar.

Je me disais que je partirai bien avant 18h. Le jeudi c’est tutorat. On n’est payé que si on est là, à la vacation. C’est pas comme mardi dernier où s’appliquait mon contrat de travail. Bref, j’hésitai et finalement, je me suis dit qu’un peu plus de sous ça ne ferait pas de mal à mon compte. J’étais décidé à rester.

Vers 17h, un collègue vient me dire que d’ici quelques minutes la fac allait être évacuée. J’y ai pas vraiment cru. Et là « Exceptionnellement le centre PMF fermera ses portes à 17h15… »

Et c’est vrai : la fac a été évacuée !

Pourquoi ? On ne sait pas ! Je suppose que c’est suite à la manif des étudiants.

Moi j’ai perdu des sous. Parce que comme j’étais pas là, je ne serais pas payée.

J’espère que ça ne va pas se reproduire trop souvent ce genre de choses.

Par exemple demain, quand je vais me pointer à 12h50, j’espère que la bibliothèque sera ouverte !

Posté par Adidine à 21:01 - Et blablabla - Commentaires [5] - Rétroliens [0] - Permalien [#]
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05 janvier 2009

De l'(in)utilité de mon travail

Il se trouve que depuis la mi-novembre j’ai un travail.

Le jour où Papa est parti, peu de temps avant qu’il ne parte justement, j’ai eu un appel de la bibliothèque de ma fac. On me proposait un RDV pour un entretien d’embauche.

Job proposé : tuteur documentaire.

J’ai appelé mon père pour lui dire, il était content. Ca aura été notre dernière conversation.

La suite vous la connaissait.

Le tutorat documentaire n’est pas une vocation pour moi. Très franchement, les tuteurs je ne les ai jamais vu à la fac encore moins à la bibliothèque ; j’aurai même eu du mal à dire en quoi consistait leur travail. Mais comme j’avais besoin d’argent, et que ça ferait une ligne de plus sur mon CV, j’ai accepté.

En quoi consistait a priori ce travail ?

Faire des permanences à la bibliothèque, la « grande bibliothèque », qui est à la fois la bibliothèque des économistes, des historiens, des juristes etc…

Faire des formations – en binôme – pour les premières années de droit dans une autre bibliothèque.

Jusque là je me disais que je devrais m’en sortir.

Là où les choses ont commencé à se corser, c’est quand ma chef m’a annoncé qu’il y avait une réunion, que j’ai bloqué mon programme à cette fin, et que finalement il s’est trouvé qu’il n’y avait pas de réunion.

Ne parlons même pas des personnes qui ne préviennent pas qu’elles ne viendront pas, vous laissant seule pour assurer une formation, ne parlons pas non plus des horaires erronées qu’on vous transmet – dernier exemple en date, aujourd’hui : la formation débutait à 11h30, moi on m’a dit 11h… une seconde formation était sensée avoir lieu à 13h15, à 13h45 personne en vue, visiblement pas de formations de prévue !

Bref, les aléas de tout travail…

Bon, je voulais vous parler de l’utilité de ce travail, alors je vais peut être vous dire en quoi ça consiste.

La permanence à la « grande bibliothèque »

C’est simple, je pointe, je prends le badge et me mets dans une salle derrière un bureau (où un PC me tient compagnie) et j’attends pendant 4h.

Normalement, je suis là pour répondre aux questions relatives à la bibliothèque en elle même (or personne n’a daigné me donner un plan – oui la bibliothèque est grande et sur deux étages) , sur le fonctionnement des moteurs de recherche de la fac ou aux questions plus axées sur des problèmes juridiques. Une sorte d’aide aux devoirs sans vraiment aider. On – oui parce que nous sommes 6 tuteurs – est sensé les mettre sur des pistes de recherches etc…

Le problème c’est que le bureau derrière lequel on m’a installé se trouve dans une salle où il n’y a quasiment personne, et donc personne ne vient me voir. Pour m’occuper j’avais donc pris le parti de faire des mots croisés, de lire, d’aller sur le net…

Mais cela ne plait pas à ma chef. Je suis sensée faire quelque chose en relation avec mon boulot. Moi je pensais que ca faisait plus sérieux de lire un livre dans une bibliothèque que de bailler aux corneilles. Mais bon…

Mon problème c’est que les tuteurs sont normalement des étudiants, donc ils peuvent bosser leur cours. Pour moi, la bibliothèque a fait une exception. Le problème c’est que je n’ai pas de cours à bosser donc je m’ennuie pendant 4 heures !

Heureusement je suis payée !

J’ai du mal à comprendre en quoi ma présence est utile. Je suis payée et c’est bien. Mais comment la bibliothèque peut elle justifier mon emploi ? Je me demande. Après tout ce n’est pas mon problème.

Les formations des premières années

Il a fallu avant de faire les formations aux étudiants  établir un fil de séance. En gros rédiger sur papier ce qu’on allait dire aux étudiants. Il a aussi fallu rédiger des exercices.

Une fois que ça c’était fait il n’y avait plus qu’à se lancer.

Pour que vous compreniez : les étudiants de première année ont un TD de méthodologie où ils sont sensés apprendre à rédiger un commentaire de texte, d’article, d’arrêt, une dissertation, faire des recherches, les organiser etc…

Deux des ces séances de TD se passent en bibliothèque pour les formations.

Nous sommes deux tuteurs : chacun prend la moitié de la classe. Dans un premier temps avec « mes » élèves je vais dans une des salles pour leur expliquer comment fonctionne le code civil. Puis au bout de 45 minutes, je change de salle (j’intervertis avec mon collègue) et je leur montre des ressources informatiques.

Rien de bien sorcier quand on est ancien étudiant juriste. Au bout de deux séances mon discours était rodé, je connaissais les numéros des pages par cœur et les réponses aux exercices aussi.

Toutes les premières séances se sont relativement bien passées.

Les étudiants avaient plutôt l’air d’écouter, et de comprendre. De s’intéresser même pour certains d’entre eux.

Depuis peu, nous sommes passés à la seconde séance. On revoit les élèves qu’on a déjà vus et on leur présente d’autres ressources informatiques. Le hic c’est que dans un second temps le chargé de TD doit présenter l’exercice de recherches bibliographiques que les étudiants doivent faire.

Au départ nous avions gardé la même organisation : un tuteur avec la moitié des étudiants. Mais cela impliquait que le chargé de TD se répète. Ce qui n’a pas été du goût de tous.

Nous tuteurs, livrés à nous-mêmes parce que notre chef est aux abonnés absent, nous avons donc du nous organiser autrement. On prend tous les élèves d’un coup et on essaye de s’en sortir.

Le problème c’est que là les élèves ne nous écoutent pas – ce matin il a presque fallu que je dégage une étudiante de la salle parce que mademoiselle faisait sa loi. Alors je me demande à quoi sert mon taf ?

Au début je me disais que les étudiants ne mesuraient pas la chance qu’ils avaient d’avoir des tuteurs à leur service pendant une demie heure pour leur expliquer comment se lancer dans des recherches bibliographique. Après je me suis dit que c’était la génération : ils n’en ont rien à faire. Ensuite j’ai trouvé ça bizarre qu’ils soient attentifs la première fois mais pas la seconde.

Finalement, je ne sais pas. Je me demande.

Je suis un peu déçue en fait, j’aime bien ce boulot, enfin cette partie là du boulot. J’aime bien quand un étudiant comprend que ça n’est pas compliqué. Qu’il trouve une réponse. J’aime bien avoir l’impression que je sers à quelque chose.

Alors là, n’intéressant plus personne, je suis déçue.

Je me dis aussi que la fac – ou la bibliothèque – dépense de l’argent par les fenêtres. Les étudiants gaspillent notre temps et l’argent de mon employeur.

Je ne devrai pas me plaindre. Après tout je suis payée. J’ai ma ligne supplémentaire sur mon CV.

Mais tout de même ! Les étudiants sont bêtes des fois !

Posté par Adidine à 16:09 - Commentaires [8] - Rétroliens [0] - Permalien [#]
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